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30 000 mètres carrés à louer à Gennevilliers

30 000 mètres carrés, c'est à la louche ce qu'on trouve sur un site d'annonce de location de … bureaux. Et je ne vais pas compter tout ce qui se construit sur les villes voisines. Une émission de FR3 montrait plusieurs immeubles de bureaux vides à Boulogne (ex-Billancourt) qui n'est pas si loin et également dans l'orbite de la Défense.

ce qui serait plus facile à compter, ce sont les pancartes "bureaux à louer" ! Difficile d'y échapper et de se dire qu'on préférerait voir "appartement à louer"…

pas mal comme
salle de séjour, non ?
Bien sûr, il s'en construit aussi. Et ça démolit - passage "obligé" pour avoir les subventions de l'ANRU - et, en ce qui concerne la cité rouge à côté du métro Gabriel-Péri, casser une cité construite sur 2 carrés fermés inaccessibles aux voitures de police et ouvrir une coulée verte permettant d'aller en beauté du métro vers des bureaux. La cité rouge n'est plus rouge !

Gros chantier de construction de logements : l'écoquartier, sur les terrains de l'ancienne usine Chausson. Les ouvriers ont perdu emploi et  usine mais peu pourront y loger. Le PC qui gère la ville suit sa doctrine : 50 % en accession à la propriété, 50 % en locatif social. Social ? Une bonne part, ce sont des PLS dont les loyers sont inaccessibles à la grande majorité des demandeurs gennevillois ( beaucoup sont en dessous des plafonds PLAI). 3000 demandeurs, certains depuis plusieurs années. 10 ans, parfois.

et l'Insee indique qu'en 2010, il y avait 855 logements vacants, sur un total de 17253 (4.95 %).




Expulsions à Gennevilliers


Eh oui, une ville de gauche, dirigée par le PC, a décidé d'expulser 2 familles pour cause de "nuisances". Les nuisances, c'est dans les 2 cas la délinquance d'un des jeunes de la famille.
Au conseil municipal de ce 27 mars, était proposé par la majorité municipale un vœu "contre les expulsions locatives pour raisons économiques". Le texte était celui de l'ANECR (association des élus communistes et républicains) avec une amputation et un ajout.
Ce qui est enlevé : la formule "pas d'expulsion sans relogement" ; il m'a fallu la nuit pour comprendre - désolée, malgré les années je n'arrive pas à me faire à leur perversité… - il ne faut surtout pas qu'ils s'engagent à reloger les familles qu'ils expulsent.
Ce qui est ajouté : " pas d'expulsion des locataires de bonne foi" (non, non, rien à voir avec une religion). Comme chaque année, on a eu droit à l'exemple de gens qui ne payent pas le loyer mais s'offrent une résidence secondaire - l'exemple donné cette année était un peu différent mais du même genre - plus une allusion aux "nuisances" sans dire bien sûr que effectivement ils vont expulser.
Cris indignés du maire, quand j'ai assimilé cette façon de stigmatiser une infime partie des expulsables avec ceux qui parlent des fraudeurs du chômage ou de la sécu pour faire croire que tous les chômeurs sont des profiteurs malhonnêtes.
Qui décide de la "bonne foi", où est la limite ? C'est en fait un signal donné aux bailleurs pour leur permettre d'expulser : ils pourront toujours dire que ces gens avaient les moyens de payer.
Et cela renforce la honte que peuvent ressentir ceux qui ne s'en sortent pas et préfèrent quitter le logement avant de voir la police à leur porte.
Et quant aux expulsions pour "nuisance", quelques échantillons du discours municipal : "les voisins se sont plaints", "si vous voulez, je les reloge dans votre cage d'escalier", "la famille d'un dealeur profite de l'argent du deal". 
Il ne peut y avoir deux discours, ce qui est inhumain pour les uns l'est pour tous. Et doit-on punir toute la famille ? encore une comparaison à faire : avec ceux qui avaient enlevé les allocs en cas d'absentéisme scolaire…