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Jetés à la rue à Caen, Clermont et Saint-Denis


Mobilisation a Saint Denis le 13 juin - JMB.jpg
À la rue, faute de place dans un hébergement d’urgence : c’est ce que subissent des centaines de personnes en France, souvent des étrangerEs demandeurEs d’asile. À Saint-Denis, Caen et Clermont-Ferrand, la lutte s’organise.

À Saint-Denis, fin juin, à la suite de l’expulsion de leurs logements jugés insalubres, une cinquantaine de personnes se sont retrouvées à la rue (cf. Tout est à nous ! n°205).
À Caen, dès le mois de mai, des étrangerEs ont fait les frais de la baisse des crédits pour l’hébergement d’urgence en étant expulsés des hôtels. D’après la préfecture, le département serait trop « accueillant », il faudrait y mettre bon ordre car les crédits ne permettent pas de passer l’année ! Mi-juin, on comptait 75 expulsés, avec des enfants en bas âge, et la préfecture évoque 700 expulsions possibles.
À Clermont-Ferrand, début septembre, 362 personnes, dont 150 enfants, se sont retrouvés sans toit, le paiement des hôtels accueillant les personnes dans le cadre du 115 étant brutalement arrêté (cf. l’Anticapitaliste n°208). Ces exemples illustrent la réalité dramatique de la pénurie de moyens de l’hébergement d’urgence, alors que la demande s’accroît sans cesse.
Mobilisation
Dans ces trois villes, des mobilisations ont répondu aux expulsions. À Saint-Denis, les expulséEs se sont installéEs avec des tentes sur le parvis de l’hôtel de ville. À Caen, même démarche, avec un campement en plein centre ville, tout comme à Clermont-Ferrand.
Les pouvoirs publics invoquent le manque de crédits tandis que les élus se font remarquer... par leur silence assourdissant. Or, les solutions existent, comme la réquisition des logements vides. N’ignorant rien de la situation, le gouvernement vient de débloquer 107 millions d’euros « pour les départements où les problèmes sont les plus aigus ». Bien sûr, c’est le résultat des mobilisations, mais c’est insuffisant. D’autre part, ces millions vont continuer d’aller dans les poches des marchands de sommeil, tandis que les sans-toit ont besoin non d’une chambre d’hôtel mais d’un logement équipé pour vivre correctement.
Réquisition
Fin juin à Caen, le Collectif 14 pour le respect des droits des étrangers a décidé de soutenir la réquisition d’un centre d’hébergement inoccupé. Du coup, avec l’aide de militantEs de diverses composantes du collectif et de militants libertaires, plusieurs dizaines d’expulséEs du 115 ont passé trois mois logés... avant que la police ne les expulse à nouveau jeudi 20 septembre sur décision du tribunal. Le propriétaire du lieu, un bailleur « social », s’est empressé de murer l’accès du bâtiment. Mieux vaut un immeuble vide et muré qu’un immeuble occupé par des sans-logis !
À Clermont-Ferrand, la police est intervenue violemment contre les sans-toit qui avaient accepté la proposition de la mairie PS de rejoindre un gymnase dans l’attente d’un véritable logement. Ils en ont été expulsés vers un nouveau lieu où il n’y avait même pas un lit pour chaque personne. Quant aux familles Roms, elles ont été reléguées dans un camping, loin de tout soutien, et des écoles, à des kilomètres de la ville. Une honte !
Coordination
Autant dire que rien n’est réglé. À Caen, « l’assemblée générale de lutte contre toutes les expulsions » qui s’est réunie tout au long de l’occupation cet été, lance un appel pour une rencontre nationale de tous les collectifs engagés dans des luttes pour le logement, afin de construire un rapport de forces national. Car la responsabilité du gouvernement est en cause. Il faut l’obliger à cesser les coupes dans les crédits, imposer la réquisition des logements vides non proposés à la location par les propriétaires ou proposés à des prix exorbitants, ainsi que les immeubles des marchands de sommeil. Une fois récupérés et rénovés, ces logements doivent être gérés par des offices municipaux sous le contrôle des habitants.
Ce sont les étrangerEs qui payent au prix fort les restrictions sur les crédits. Pour elles et pour eux, Valls vaut bien ses prédécesseurs. Leurs droits restent piétinés. En même temps qu’un logement, il faut exiger des papiers pour tous.
Nul doute que les luttes pour le droit au logement et à l’hébergement d’urgence vont se poursuivre, ville après ville. Il est temps de construire une riposte nationale aux expulsions en coordonnant ces luttes.
CorrespondantEs

Clermont-Ferrand : L'État met des familles à la rue

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L’Anef (Association nationale pour l’enfance et les familles), association chargée de gérer le 115, le numéro d’urgence à destination des personnes sans domicile et en grande difficulté sociale, s’est vue dans l’obligation de cesser le paiement de nuits d’hôtel qui permettaient d’assurer le logement d’urgences des sans-abris.
Son financement est normalement assuré dans le cadre d’une convention avec l’État, le conseil général du Puy-de-Dôme et la mairie de Clermont-Ferrand. Ce non-
financement a eu des répercussions immédiate : dès le lundi 3 septembre, veille de rentrée scolaire, 352 personnes, dont environ 150 enfants se sont retrouvées à la rue. À 9h du matin, il a été décidé par le RESF 63 un rassemblement en plein centre ville de Clermont-Ferrand, puis dans la soirée, d’investir une église pour y passer la première nuit. En plein milieu de la nuit, un début d’incendie d’origine criminelle a eu lieu, et les soupçons se portent tout naturellement vers les milieux d’extrême droite. Depuis, les sans-logis ont passé la nuit sous des tentes.

La résistance se met en place, cette lutte est soutenue par les associations, caritatives mais aussi la LDH, la Cimade, RESF, et le DAL, des syndicats comme la CGT, la FSU, Solidaires, l’UNEF, et des partis politiques tel le Front de gauche, AlterEkolos, EELV, LO, CGA et le NPA bien sûr. Tous sont d’accord pour revendiquer l’égalité des droits pour toutes les personnes présentes en France, par la réquisition des logements vides, pour obtenir des appartements et non des chambres d’hôtel qui enrichissent les marchands de sommeil, la régularisation de tous les sans-papiers. 

Un toit c’est toujours un droit !
Malgré les tentatives de division dans les soutiens du mouvement orchestrées par la préfecture, la mobilisation continue et se renforce de jour en jour. Les seules solutions proposées par la préfecture sont la mise à disposition de gymnase... 
Une procédure en référé pour la sauvegarde d’une liberté fondamentale, à savoir un logement décent, a été lancée pour 24 familles. Le tribunal administratif a statué, et a ordonné à la préfecture de reloger 18 de ces familles dans les 72 heures. Bafouant totalement le droit, l’État a proposé de reloger ces familles dans 2 pièces de 12 m2 dont une aurait accueilli 11 enfants de 2 familles différentes...
Après quatre manifestations réussies, le campement s’organise malgré le mauvais temps. La détermination des sans-logis et sans-papiers reste intacte, même si pour l’instant les autorités ne font rien pour faire bouger les choses et utilisent tous les moyens pour obliger les sans-logis à rejoindre le gymnase pour y dormir.
Cette lutte est exemplaire dans son organisation, avec des assemblées générales plusieurs fois par jour, sans-logis et soutiens, pour réfléchir aux actions qu’il est possible de mener afin de construire le rapport de forces nécessaire. C’est aussi le cadre pour organiser au mieux la vie du camp, qui s’est transformé en véritable village. La mobilisation continue.
Sandrine Clavières

UN TOIT C’EST UN DROIT ! L’ETAT DOIT GARANTIR LES HÉBERGEMENTS ET LE RELOGEMENT DE TOUS LES MAL-LOGÉS.


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Près de 350 personnes, dont 150 enfants se sont retrouvées à la rue le 02 septembre 2013 à Clermont-Ferrand. Il s'agit de demandeurs d'asile, de sans-abri dont l'hébergement était géré par l'ANEF. Le directeur de cette institution, constatant une carence de moyens financiers, a mis fin au paiement des hébergements en hôtel de ces familles.
Ces personnes et leurs soutiens ont décidé de se réfugier dans une église pour pouvoir dormir sous un toit. Un incendie criminel a eu lieu dans cette église et les enfants se sont retrouvés à dormir dehors en pleine nuit.
Le NPA apporte son soutien total et participera à toutes les initiatives prise par le collectif. Il appelle à la manifestation de soutien, un toit c'est un droit, qui aura lieu jeudi 5 septembre 2013 à 18h00 devant l'église des minimes, place de Jaude, à Clermont-Ferrand.
Le NPA dénonce la politique de Manuel Valls qui n'a rien à envier à celle de Besson, Guéant et Sarkozy. Il dénonce le silence assourdissant des élus PS qui étaient aux côtés des sans papiers lorsque la droite était au pouvoir. Le Conseil Général a osé proposer, pour ne pas assurer sa prérogative à savoir s'occuper des enfants de moins de 3 ans, de ne prendre en charge que les familles monoparentales qui n'ont qu'un seul enfant de moins de 3 ans !
Cette rupture des hébergements, à cause de la fin des financements, est le résultat des politiques successives de baisse des budgets sociaux, de la politique d’austérité mise en œuvre par le gouvernement. Elle a lieu aussi, entre autres, en Isère, en Seine Saint Denis. Elle s’accompagne d’une politique répressive accrue contre les sans-papiers, pour vider de force les lieux d’hébergement. C’est un choix national, indigne, fait par le gouvernement.
Le NPA demande la réquisition des logements vides pour répondre à l’urgence. Il dénonce le fait de loger des gens en hôtel pour assurer le logement d'urgence : ceci ne fait qu’enrichir les marchands de sommeil, et précarise encore plus des personnes déjà en difficulté. Il exige la régularisation de tous les sans papiers
Montreuil, le 4 septembre 2013